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mardi 22 janvier 2019 à 18h30

Catalogne, ses prisonniers politiques, sa lutte nationale pour quel projet de société ?

Avec Antoine, de la commission internationale du NPA

La révolte catalane pour l'autodétermination d'octobre 2017 a provoqué, par le défi politique qu'elle a imposé aux forces policières engagées contre elle, un tremblement de terre politique dans tout l'Etat espagnol. Mais le gouvernement de Madrid, miné par la corruption, qui ne s'est pas remis de l'ébranlement indigné de 2011, n'en conserve pas moins une terrible capacité de nuisance par défaut de l'émergence d'une alternative politique à ce qu'il faut appeler une crise de régime. La Catalogne, pointe avancée de la contestation de cette monarchie capitaliste dépourvue de légitimité, voit activée contre elle le seul ressort permettant à l'Etat central de sauver les meubles : une répression politique (le putsch du 155), policière et judiciaire (contre des élu-es et des associatifs) dévoilant de jour en jour que la démocratie espagnole n'a pas soldé sa dette envers le franquisme dont elle est issue "en Transition", sans franche rupture.

A la veille de l'ouverture de procès politiques qui, grâce à une mobilisation populaire maintenue contre vents et marées, commencent à interpeller les peuples d'une Union Européenne adonnée à couvrir les exactions espagnoles, il nous faut affirmer, sans réserve, notre solidarité envers la résistance catalane. Que nous soyons favorables ou pas à l'indépendance qui s'est affirmée lors du référendum du 1er octobre 2017, nous devons refuser la dérive autoritaire de l'Etat central qui réactive le leitmotiv franquiste de l'intouchabilité de l'unité de la "nation", qui permet ainsi à l'extrême droite de polariser tout l'échiquier politique autour de l'anticatalanisme et de faire, sur cette nouvelle donne, une percée électorale en Andalousie, inédite depuis la fin de la dictature. Avec menace qu'elle s'étende à tout le pays aux prochaines législatives.

Comment, dans ce contexte lourd de dangers, faire que ce travail de solidarité élémentaire en faveur des droits démocratiques, y compris celui d'un peuple à s'autodéterminer nationalement, féconde (et soit fécondé par) la défense et l'extension des droits sociaux qui, pour nous anticapitalistes, sont incontournables pour faire advenir une société pour et par le peuple? Pour et par les peuples, par-delà les frontières. Contre oppresseurs et exploiteurs nationaux et internationaux.

C'est au miroir de la Catalogne en lutte que nous aborderons cette réflexion en essayant de défaire nombre d'idées reçues sur le sujet et d'engager le débat sur ce que cette expérience de lutte nationale permettrait de décanter en termes de stratégie à mettre en oeuvre à l'échelle de l'Europe. Qu'il soit dit, en effet, que ce que l'on fait à la Catalogne et ce que ne fait pas l'Union Européenne pour y remédier sont un danger pour tous les peuples de la zone !

Source : https://www.facebook.com/events/2006777919407…
Source : message reçu le 3 janvier 18h

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