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mercredi 25 novembre 2015 à 18h30

Face aux menaces d'expulsions sur la zad de notre-dame-des-landes, réunion publique à lille pour la (re)création d'un comité ZAD

La ZAD menacée d'expulsion

Dans quelques semaines, une grande conférence sur le climat, COP21,
va avoir lieu à Paris. Des dizaines de ministres, chefs d'État et autres
décideurs vont venir parader dans la capitale pour nous faire croire
qu'ils peuvent encore arrêter le désastre écologique.
En septembre, Manuel Valls déclarait :"C'est à nous, c'est à la France, de
faire que tous les pays du monde lèvent les yeux". La France se pose
donc en chef de file de l'écologie, et tente de réaffirmer une unité
nationale à travers la question du climat.

Dans le même temps, le gouvernement annonce la reprise du chantier de
l'aéroport de Notre-Dames-Des-Landes pour janvier impliquant
l'expulsion de ses habitants, la destruction du bocage, de ses cultures et
de ses espèces protégées. Il ne s'agit pas d'une simple contradiction de la
part du gouvernement. Sa motivation première, autour de la COP21 ou
de la ZAD, c'est avant tout de réaffirmer sa croyance en l'Économie,
que ça soit en passant par l'écologie ou par son illusion d'unité nationale.

Que veut détruire le gouvernement ?

En 2012, le gouvernement tente une première fois d'expulser la ZAD
(Zone à Défendre) avec l'opération César qui a mobilisé plusieurs
milliers de flics. En vain. Les récentes déclarations de Valls promettent
une nouvelle opération d'envergure.

Depuis l'échec des première expulsions, Notre-Dame-des-Landes est
devenue un symbole et un exemple bien vivant. Un symbole car ce
conflit nous prouve que la victoire est possible. Partant du refus d'un
projet grotesque d'aéroport, celles et ceux qui luttent ont surmonté la
résignation et la peur, ont combattu les brutalités des forces de l'ordre et
le cynisme des bétonneurs. Sur les barricades et dans les tribunaux,
présents dans la rue comme pour écrire des recours juridiques, les
opposant-e-s ont su dresser les multiples fronts qui mettent un point
d'arrêt à l'avancée du projet. Mais, peut-être, plus que tout si la
résistance n'a jamais faiblit, c'est que partant d'un NON à l'aéroport, la
ZAD est devenue une terre où s'expérimentent de nouvelles manières de
vivre. Les moments vécus entre nouveaux occupant-e-s et ancien-ne-s
habitant-e-s à construire des cabanes, cultiver des terres, partager des
savoir-faire et à discuter ardemment, en assemblée ou autour d'un verre,
ont rendu possible de s'organiser sans les formes partout désavouées de
la politique classique, sans le diktat du marché. Ce qui est possible à
Notre-Dame-des-Landes est possible ailleurs. C'est aussi cela que le
pouvoir veut abattre, cela qu'il nous faut défendre.

Comment faire face depuis Lille ?

Aujourd'hui, il est de plus en plus évident que le pouvoir et l'économie
se retranchent de plus en plus derrière leur police. C'est d'ailleurs grâce
à elle que le gouvernement entend régler la question de l'opposition à
Notre-Dame-Des-Landes : « Il faudrait entre 15 et 18 unités mobiles
présentes 24h/24h pour dégager le site. Mais il faut mobiliser cet effectif
pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Avec les repos et les
jours de congés, cela veut dire qu'il faut un tiers des unités disponibles
en France. Pendant ce temps, qui luttera contre la délinquance dans les
cités sensibles, qui sécurisera les matchs de foot ou les déplacements de
personnalités ? » (source proche du ministère de l'Intérieur).

Le gouvernement croit être en capacité d'écraser la résistance sur place,
mais il ne pourra pas faire face à un mouvement d'ampleur sur toute la
France. C'est par là que nous pouvons nous saisir de cette situation, en
agissant localement à Lille et dans la région, en résonance avec ce qui se
passe sur la ZAD d'une part, et avec toutes les autres initiatives qui
émergent partout en France d'autre part.

Pour répondre à l'appel des opposant-e-s, nous proposons de re-créer un
comité ZAD à Lille. Les possibilités d'agir sont multiples tant dans la rue,
que sur le terrain médiatique. Nous pourrions par exemple présenter les
différentes initiatives d'autonomie matérielle et politique sur la ZAD, faire
connaître la lutte de la ZAD en étant présent-e à certains événements de la
COP21, organiser une manifestation, bloquer certains lieux du pouvoir,
faire connaître certaines entreprises liées à l'aéroport… Ce ne sont que des
possibilités parmi d'autres, il ne tient qu'à nous d'inventer la manière dont
nous voulons nous opposer à ce projet. Nous pensons en tout cas que c'est
la conjugaison des différentes pratiques de luttes qui nous permettra de
gagner.

Nous appelons donc à une réunion publique pour nous
organiser ensemble à Lille face aux expulsions de la ZAD au
bar-kebab l'Aspendos le 25 novembre à 18h30.

Source : message reçu le 15 novembre 21h

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